L’Intelligence, c’est la Pédagogie
J’ai acheté ce livre, je l’avoue, parce que sa couverture est belle. Et puis je l’ai ouvert, je l’ai feuilleté, et j’y ai trouvé des images. Mieux : des diagrammes !
« Tous Philosophes : les grandes idées tout simplement » est un livre fantastique que je conseille à tous les gens qui… à tout les gens ! Il consacre de une à six pages par philosophe et balaie ainsi l’histoire de la pensée de Thalès de Milet jusqu’à Slavoj Zizek. Chaque auteur est résumé par une citation, et un diagramme (avec des ballons et des flèches) détaille le raisonnement qui amène à cette idée. Une véritable démonstration ! Le texte principal entre un peu dans le détail. Des photos, des encadrés et des notices biographiques rendent le tout divertissant.
Bref, ça se lit comme un livre de chevet et ça rend bigrement intelligent ! On se prend dès la première page à refaire le raisonnement, on approuve, on désapprouve et on débat, en imagination, avec une bonne centaine de philosophes.
Quand j’étais petit, l’école m’a toujours appris que plus c’était compliqué, plus c’était savant. Les gens à grosse tête lisaient des livres sans images bourrés de mots incompréhensibles. Et d’examen en concours, on m’a appris à « maîtriser la complexité » (je n’invente rien, on m’a rabâché ce slogan…)
Il m’a fallu quarante ans pour me sortir de ces conneries. Parce que la vérité, c’est que plus un concept est intelligent, plus il est clair et simple. Les Japonais, qui ont une culture de l’image, l’ont bien compris : une photo, un diagramme font mille fois plus que n’importe quel vocabulaire hermétique.
Ce livre est trop superficiel ? Non. Forcément, il ne creuse pas chaque auteur puisqu’il cherche à les couvrir tous. Mais pour approfondir l’un d’eux, il suffirait d’ajouter d’autres diagrammes et d’autres images. Ne surtout pas les abolir !
En France, on appelle ce genre de livre de la vulgarisation. Que le terme est vilain. C’est pour dire le dédain des têtes soi-disant bien faites.
Pascal (je crois) disait : « une rivière peu profonde peut faire illusion tant que son eau est trouble ».
J’ajouterais : « on vole plus haut quand on est plus léger ! »
NB : je feuillette le livre jusqu’à la page des auteurs. Buckingham, Burnham, Hill, … Merde, ce ne sont pas des Français. Adieu mes illusions. Alors rien n’a progressé ?
Posté le 19 janvier 2012 dans la catégorie Ecriture, Inspiration, Journal de Bord.
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